
21 de Febrero.
Ya estamos a la capa. Se trata de parar el barco, pero manteniendo un buen ángulo con las olas: no quedarse atravesado para no volcar una y otra vez. Esta configuración implica tener poca superficie velica, pero la suficiente para conservar cierta capacidad de maniobra frente al peligro. Ahora estamos con 4 rizos en la mayor (parece de risa) y tormentín cazado a la contra. Esto y atar el timón del lado contrario hace que el barco vaya corrigiendo su rumbo por sí solo. Lento pero eficaz.
Se le hace extraño al regatista que busca siempre ganar la mínima centésima de velocidad, intentar hallar una combinación para frenar al máximo su avance. Sobretodo ahora, con poco viento…
¿Porqué todo este show? Para anticiparnos . Una borrasca se está fortaleciendo en la península Antártica. Nos va a proporcionar vientos de mas de 60 nudos. Nosotros estamos del lado más inestable e imprevisible de este ciclón. Normalmente la solución es correr el temporal, a unos 150-170 grados del viento real; el barco no sufre demasiado. En nuestro caso es imposible: hay una tierra a sotavento. Por lo tanto nos conviene más esperar ahora, cuando las condiciones son manejables. En cuanto lo más grueso llegue, (y va a ser muy duro), correremos el temporal. Nuestra posición actual debería dejarnos espacio suficiente. No es una táctica para evitar lo gordo, esto es casi imposible. Simplemente es conservar cierto margen de error y actuación.
Si decidiésemos continuar, la tierra que tendríamos a sotavento es la Tierra del Fuego, el Sur de la Patagonia y el Cabo de Hornos. Si Cabo de Hornos huele a aventura y libertad, asusta al más aguerrido de los marinos. No se han hundido allí centenares de barcos por casualidad. Y si no son más es porque en la actualidad casi solo lo doblan los barcos de competición.
El director de la GOR, Josh Hall, (lo ha pasado 3 veces en regata), y Nick Legatt (5 veces) nos comentaban via email de carácter urgente que, en caso de fuertes depresiones en la zona hay que tener estos puntos en cuenta:
-Las olas cruzadas que se forman al iniciarse la plataforma continental, bastante antes de llegar a Hornos, son hunde-barcos.
-Las corrientes son violentísimas: no siempre uno va adonde quiere.
-El viento se refuerza por lo menos en un 30%.
-Cerca de tierra las rompientes no nos darían cuartel.
-Los acantilados son altísimos y abruptos. Causan los llamados Williwaws, que soplan ladera abajo con radicales cambios de dirección intensificando aún más el caos reinante.
Por todo estos motivos, creemos que no es un sitio para estar con 80 nudos de viento.
Los navegantes oceánicos vivimos aventuras poco comunes y afrontamos lo imprevisto cuando la situacíón lo requiere. Pero llegado el momento en que piensas, aunque sea solo una vez, que puedes poner en riesgo tu vida y las de tus rescatadores, y que se puede evitar, no lo dudes. No tenemos nada que ganar y mucho que perder. Se llama “seamanship”, o arte de navegar.
A buen entendedor pocas palabras bastan.
No nos hemos movido demasiado comparado a ayer, pero como hoy Cabo de Hornos está a la orden del día nos quedan como cuatro idas y venidas a Hornos para igualar el número de millas para la llegada. ¡No es tanto, pero espero no sea un camino tortuoso!
Esta noche necesitábamos una dosis extra de moral. Los dos cocineros decidimos darnos un descanso y abrir una sabrosa lata de buey, guardada para estas ocasiones. Es para compartir, sabe a poco. La fusioné con pasta (fideos chinos, lo habeis adivinado) y Marco con puré de patata. ¿Mi opción era la mejor, verdad?
“Agua”, de Jarabe de palo, se ha impuesto hoy ante sus rivales; es el número 1 de hoy. Me aficioné al grupo cuando viajábamos a campeonatos nacionales de optimist. Poníamos el cassete una y otra vez en la furgoneta durante los viajes. Tofol y Sebas, nuestros entrenadores, debían acabar bien mareados… ¡Que paciencia, por Dios!
Buenas noches desde Financial Crisis en 57º 49S, 78º48W – S.O.G: 2.3 kts - COG: 349º – TWS: 20 Kts (o sea tranquilísimo). Configuración vélica: mayor 4 rizos, tormentín. Pañuelo blanco en popa.

Mis aventuras son posibles gracias a Mallorca Press, Cruceros Cormoran, , Banks Sails, RCNPalma, STP, Air Europa , Cessna Citation y UEP design.
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INFO HUGO RAMON
Regatista oceánico y comunicador
www.hugoramon.com
Twitter: @hugosailing
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21 février
Nous sommes à la cape: c’est à dire qu’on cherche à arrêter le bateau, mais en maintenant un angle correct par rapport aux vagues. Il ne faut pas les recevoir de côté pour ne pas chavirer. Cette configuration consiste à être très peu toilés, mais quand même assez pour conserver une capacité de manoeuvre face au danger. En ce moment nous avons 4 ris sur la grand voile (on dirait un jouet) et le tourmentin bordé à contre. Avec la barre attachée dans l’autre sens, le bateau corrige son cap de lui même. C’est lent, mais efficace.
Quand on est en régate et que l’on cherche toujours à gagner le moindre centième de noeud, ça fait drôle de chercher à freiner notre vitesse au maximum. Surtout maintenant, avec très peu de vent.
Et pourquoi tout ça? pour anticiper : une tempête est en train de forcir dans l’Antarctique. Elle va nous amener des vents de plus de 60 noeuds. Et nous nous trouvons du côté le plus instable et imprévisible de ce cyclone. Normalement la solution c’est de fuir la tempête, à quelque 150-170 degrés du vent réel; le bateau ne souffre pas trop. Mais dans notre cas c’est impossible: nous avons une terre sous notre vent.
Donc la meilleure option c’est d’attendre maintenant, puisque les conditions sont encore manoeuvrables. Quand le gros temps va arriver (et ça va être très fort), on se mettra à fuir la tempête. Notre position actuelle devrait nous laisser une marge de manoeuvre suffisante. Ce n’est donc pas une tactique pour éviter le gros, ce qui serait pratiquement impossible. Le but c’est simplement de conserver une certaine marge d’erreur et d’action.
Si nous décidions d’aller de l’avant, la terre que nous aurions sous le vent serait la Terre de Feu , le sud de la Patagonie et le Cap Horn. Si Horn signifie Liberté pour beaucoup, il fait aussi trembler les plus aguerris des marins. Ce n’est pas par hasard que des centaines de bateaux ont coulé dans cette zone. Et si aujourd’hui ça arrive moins, c’est parce qu’il n’y a plus guère que les bateaux de compétition qui le doublent.
Le directeur de la GOR, Josh Hall, (qui l’a passé 3 fois en régate), et Nick Legatt (5 fois) nous ont commenté via email de caractère urgent que, en cas de forte dépressions sur la zone il faut tenir en considération les points suivants:
-Les vagues croisées qui se forment au début de la plateforme continentale, assez longtemps avant d’arriver au cap Horn, sont des coule-bateaux.
-Les courants sont extrêmement violents. On ne va pas toujours où on veut.
-Le vent forcit au moins de 30%.
-Près de la terre les déferlantes ne nous laisseraient pas de répit.
-Les falaises sont très hautes et abruptes. Elles provoquent les fameux Williwaws, qui soufflent vers le bas avec de brusques changements de direction qui renforcent le chaos régnant.
Pour toutes ces raisons, nous croyons que ce n’est pas un endroit où se trouver avec 80 noeuds de vent .
Les navigateurs au large vivent des aventures peu communes et affrontent l’imprévu quand la situation l’exige. Mais s’il arrive un moment où l’on vient à penser, ne serait-ce qu’une seconde, que l’on va mettre sa vie et celle des secours en danger, alors il n’y a pas d’hésitation. Nous n’avons rien à gagner et tout à perdre. Ça s’appelle en anglais “seamanship”, l’art de naviguer.
À bon entendeur salut..
Nous avons peu avancé par rapport à hier, mais comme aujourd’hui le Cap Horn est à l’heure du jour, il nous reste environ 4 allers et retours à Horn pour que ça fasse le nombre de milles jusqu’à l’arrivée. Ce n’est pas énorme, mais j’espère que ce ne sera pas un chemin d’épines!
Bonne nuit à bord de Financial Crisis par 57º 49S, 78º48W – S.O.G: 2.3 kts - COG: 349º – TWS: 20 Kts (c.à.d. calme). Configuration des voiles: Grand voile 4 ris, tourmentin. Mouchoir blanc à la poupe.