57º SUR suivi de la traduction française

57ºSur

16 Febrero

Me gusta escribir y sé que debo hacerlo para que sintáis estas aventuras como vuestras, pero no estoy libre de cierto pánico escénico. Estoy aquí ante todo para navegar: suelo atrasar al máximo el momento de sentarme delante del teclado, aun con el riesgo de que ”Financial Crisis” requiera mis atenciones en esos precisos momentos y que el texto llegue con retraso a vuestros dispositivos. Me sentiría como cierto cocinero de un rey  cuyo pescado no llegó a tiempo a su cocina…

Si las pequeñas anécdotas diarias son lo más fácil de relatar, no es ésta la única meta que quiero alcanzar con este blog. Cuando me siento, me enfrento a una pantalla en blanco. El mar me sugiere muchas cosas, un “notepad” muy poco. Tengo que hacer un esfuerzo de abstracción y convencerme mentalmente que esta página virgen es la oportunidad de escupir lo que soy, quien soy y cual es mi sitio en esta vida. Gracias a esto intento conocerme mejor.

Ayer “Cessna Citation” nos envió un email : acababan de ver no uno sino dos icebergs. ¡Uau..! Sucedió cuando  los dos barcos nevegábamos casi bordo a bordo, y según su posición estimada debimos dejar los bloques de hielo a unas 8 millas por babor. ¡Qué subida de adrenalina!  Tengo pavor a monitorizar un iceberg por babor y otro por estribor. Como el 90% de su superficie está sumergida, quien sabe si los dos icebergs en realidad son solo uno y no se pueda pasar por en medio? Si tiene que haber icebergs no me extraña que sea aquí, hace tanto frío que duele en la cara. Las manos se adormecen cuando aprietan un cabo y  para según que maniobras no podemos llevar guantes…

“Si no sabes qué hacer ves a rumbo y mátate por recorrer la mínima distancia”. Esta es nuestra premisa. La meteo cambia a cada parte de posiciones y estos días no vemos las cosas nada claras. Por momentos recuperamos y nos volvemos a colocar líderes como hace unas horas, y en otros “Cessna” nos destruye la moral. Si él es ligeramente más rápido no podemos regalarle millas extra. Dejaremos que lo haga él. Recorrer la mínima distancia en travesías tan largas y en estas latitudes se basa en navegar sobre un círculo máximo imaginario, un “great circle”. Eso hace que no naveguemos en línea recta cuando la referencia es una carta mercator. Nuestro rumbo va cambiando a medida que avanzamos. Al pasar la “scoring gate” necesitábamos arrumbar a 124 grados para ir lo más rápido posible hacia cabo de Hornos. Ahora, sin habernos movido un ápice de la línea a seguir, ya tenemos que apuntar hacia los 103 grados. Y seguramente llegaremos a   Hornos con un “course on ground” de 78 grados. Todo se complica: el viento no nos deja ir adonde queremos, el barco se ralentiza muchísimo, la velocidad se vuelve insuficiente. Ahora mismo nos es imposible seguir el rumbo que debiéramos: no podemos navegar contra viento. Es momento entonces de pensar, decidir y mover ficha.

Al volver a tierra creo que podré protagonizar un anuncio con mi estupendo y renovado pelo. Hace 18 días que no toca una gota de jabón y nunca lo he visto tan fuerte, tan brillante, tan lleno de vida y sobretodo, tan poco graso! Juraría que esta limpio. ¿Extraño, verdad?

Esta noche con un ojo en el radar y el otro en nuestra particular despensa, decidí que el tiempo de barbecho culinario se había acabado. El mundo necesita a sus grandes cocineros y yo, al mando del  “Bulliceberg” tenía que responder. Escarbé un poco en los alimentos sin encontrar gran cosa. Hemos embarcado menos víveres y por el frío comemos más; no hay muchos restos. Todo un reto. Tenía que empezar con la “base”: fideos chinos. Solo para hervir el agua tardé más de media hora. Con mi aliento hubiese ido mas rápido, seguro. Yo creo que la llama se congelaba por momentos. Al agua con fideos le añadi sopa para darle un poco de sabor. Después de desparramar la sopa y solo conseguir beber unas gotas necesitaba encontrar ese toque, esa distinción por la cual me apodan “el paladar salado”. ¡Eureka!  Mis pesquisas fueron fructíferas: había pasado por alto una lata de atún con tomates secos y cebolla. Y a partir de aquí todo fue cuesta abajo. El instinto me llevo a un botecito de especias marroquíes y como no, a mi buen amigo Tabasco. Cuando saboreaba mi novedad no pude dejar de exclamar, con lágrimas en los ojos:” ¡lo has vuelto a conseguir!”

El email de “Cessna Citation” decía sobriamente: “Ice, Ice, baby”. Supongo que es el título de una canción que desconozco, pero que viene al pelo. No sé de quien será, lo descubriréis antes que yo. Tampoco sé si es digna de esta sección. Dejaremos el nº1 para otro día…

Buenas noches a bordo de “Financial Crisis” en 56º57S, 102º47W –  Sog:7.7 k Cog: 122º. Con toda la mayor y solent.

Y con una luna tan particular que Marco me ha llamado para preguntarme si los icebergs tenían faros…

Donaciones : Gracias Toni.

Mis aventuras son posibles gracias a Cruceros Cormoran, Banks Sails, RCNPalma, STP, Air Europa , Cessna Citation y UEP design.

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INFO   HUGO RAMON

Regatista oceánico y comunicador

http://www.hugoramon.com

Twitter: @hugosailing

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Donaciones: https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=YTSFZ5SAVXTLY

57ºSud

16 février

J’aime écrire et je sais que je dois le faire pour vous faire ressentir  ces aventures comme si vous y étiez, mais quelquefois la page blanche me donne le trac. Si je suis ici c’est quand même pour naviguer. Je retarde tout ce que je peux le moment de m’asseoir devant le clavier, sachant que le ”Financial Crisis” risque d’exiger mon attention à ce moment précis,  ce qui retarderait l’heure où mon texte arriverait sur vos écrans. Je me sens comme Vatel , cuisinier de Louis XIV, dont le poisson n’est pas arrivé à temps pour le repas royal.

Les petites anecdotes quotidiennes sont faciles à raconter,  mais ce n’est pas mon seul objectif quand j’écris ce blog. Quand je m’asseois je suis face à un écran vide. La mer  me suggère beaucoup de choses, un “notepad” bien peu. Je dois faire un effort d’abstraction et me convaincre mentalement que cette page en blanc est l’occasion ou jamais de cracher ce que je suis, qui je suis, et quelle est ma place dans ce monde. Grâce à ça, j’essaie d’arriver à me connaître.

Hier “Cessna Citation” nous a envoyé un email : ils venaient d’apercevoir non pas un mais deux icebergs. ¡ouha..! C’était au moment où nos deux bateaux naviguaient presque bord à bord, donc selon leur position estimée, on a dû laisser les blocs de glace à 8 milles à babord. Quelle montée d’adrénaline! Je suis  terrifié à l’idée de voir sur le radar un iceberg à babord et un autre à tribord. Comme 90% de leur masse est immergée, qui sait si les  deux icebergs ne font pas qu’un seul, et qu’on ne puisse pas passer entre les deux? S’il doit y avoir des icebergs rien d’étonnant à ce que ce soit ici, il fait si froid que j’en ai mal au visage. Nos mains sont engourdies quand il faut s’acharner sur un cordage, et certaines manoeuvres ne peuvent pas se faire avec des gants …

“Quand on ne sait pas quoi faire, le mieux c’est d’aller droit au but en faisant tout pour raccourcir la distance au maximum”. C’est notre maxime. La météo change à chaque bulletin et ces jours-ci nous n’avons pas les choses très claires. Par moments on rattrape et on se retrouve premiers comme il y a quelques heures,  mais à d’autres  le “Cessna” nous met le moral à zéro. S’il est légèrement plus rapide que nous, on ne peut pas lui faire cadeau d’une seule mille, laissons le faire ça par lui même. Sous ces latitudes, et dans des courses aussi longues, parcourir la distance minimale se fait en naviguant sur un cercle maximum imaginaire, un “great circle”. C’est pour cela que quand la référence est un carte mercator on ne navigue pas en  ligne droite.  Notre cap change à mesure que nous avançons. Quand nous avons franchi la“scoring gate” il fallait mettre le cap à 124º pour aller le plus vite possible au CapHorn. Maintenant, et sans avoir varié la route à suivre, nous devons pointer vers les 103º. Et sûrement que  nous arriverons au Cap Horn  avec un “course on ground” de 78º. Tout se complique: le vent ne nous laisse pas aller où on veut, le bateau est très ralenti,, la vitesse devient insuffisante. En ce moment impossible de suivre le cap que nous devrions: nous ne pouvons pas naviguer contre le vent. C’est donc le moment de réfléchir, de décider, et de jouer.

Quand je serai à nouveau sur terre, je pourrai tourner dans un spot publicitaire, avec mes superbes cheveux régénérés . Voilà 18 jours qu’ils ne voient pas une goutte de savon et jamais je ne les ai eus si brillants , si drus, si pleins de vie, et surtout, si peu gras. On jurerait que je viens de les laver.. Bizarre, n’est ce pas?

Ce soir, un oeil sur le radar et un autre sur notre garde manger, j’ai décidé que c’en était fini du temps d’hibernage culinaire. Le monde a besoin de ses grands cuisiniers, et aux commandes du “Bulliceberg” je me devais de répondre présent. J’ai un peu fouillé dans les aliments sans trouver grand chose. Nous avons embarqué moins de vivres, et comme avec le froid nous mangeons plus, il n’y a pas beaucoup de restes. Tout un défi. Il fallait donc commencer par une base : des vermicelles chinois. Simplement pour bouillir l’eau ça a pris plus d’une demi heure. Avec mon haleine ça aurait sûrement été plus vite. J’avais l’impression que par moments la flamme se congelait. J’ai ajouté au mélange eau-vermicelles un peu de soupe, pour lui donner du goût.  Après avoir renversé la soupe et réussir seulement à en boire quelques gouttes, je sentais le besoin d’ajouter cette touche grâce à laquelle on me surnomme “le palais salé”.¡Eureka!  Mes recherches furent fructueuses: une boîte de thon aux oignons et tomates sèches qui m’avaient échappé. Et à partir de là tout comme sur des roulettes. Mon instinct m’amène vers un petit pot d’épices marocaines et bien sûr, mon cher ami le Tabasco. En savourant cette nouveauté je n’ai pas pu m’empêcher de m’exclamer, les larmes aux yeux: “encore une réussite!”

L’email de “Cessna Citation” disait sobrement: “Ice, Ice, baby”. Je suppose que c’est le titre d’une chanson que je ne connais pas, mais qui convient à merveille. Je ne sais pas de qui c’est, vous le découvrirez avant moi. Je ne sais pas non plus si elle est digne de cette rubrique musicale. On laisse donc le nº1 pour un prochain jour…

Bonne nuit à bord de “Financial Crisis” par 56º57S, 102º47W –  Sog:7.7 k Cog: 122º. Avec toute la grand voile et le Solent.

Et avec une lune si particulière que Marco m’a appelé pour me demander si les icebergs avaient des phares.

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Un pensamiento en “57º SUR suivi de la traduction française

  1. et bé… j’espere que les icebergs ne croiseront pas votre route… et que vous profitez de vos vacances à la mer,que vous bronzez sur votre pont… bisous mon zugo

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